Le Sematawi

30 novembre 2012

Histoire

LE SEMATAWI ACTE FONDATEUR DE KMT

Par KamtRâ AtumRâ.

Le 20/09/2007

 

Article original sur TOGOCITY.COM

Le premier élément mis en avant par les Egyptologues pour conclure à une vision du Sematawi comme synonyme de la réunification de Kamit est tiré du conflit relaté entre le Roi de Basse Égypte, Narmer, et celui de Haute Égypte dont le nom n’est pas le plus souvent mentionné. Certains pensent que ce roi du Nord aurait pour nom Menès fondateur de la première dynastie thinite (cf. les travaux de Manéthon) et d’autres que Menès et Narmer serait le même personnage et que ce dernier aurait changé de Nom après la réunification. Ce qui pose déjà un problème sérieux.

Le deuxième élément est l’attribution à Narmer de la création des Nomes, c’est-à-dire les provinces d’Égypte, dont les auteurs ne sont pas d’accord sur leur nombre qui varie entre 16 et 38 selon les opinions. De cette attribution s’il y a un fait incontestable, c’est la paternité de la l’administration que l’on reconnaît au roi Narmer. Ce point fait l’unanimité et bat en brèche la paternité que certains ont essayé d’attribuer à Ramsès 2.

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Le troisième élément concerne l’interprétation des graphies de la palette de Narmer comme suit : Au recto, le roi Narmer porte sa couronne blanche de Haute-Égypte, et tient par les cheveux le roi ennemi du Nord qu’il menace de sa massue. Une autre graphie montre le faucon sacré Horus frapper de sa gaule le chien Bébon assimilé au dieu Seth du delta. À l’arrière un scribe se prépare à graver sur deux tablettes les exploits de son pharaon.

 

Dans la 3ème partie basse de cette palette, deux ennemis vaincus et tous nus s’enfuient vers le monde souterrain du chaos. Narmer était un grand roi redouté, on retrouva même des serekhs (sceaux ou cartouches incluant son nom) jusqu’au pays de Canaan.

Au verso, Le roi vainqueur fait défiler devant les corps décapités de ses ennemis vaincus les effigies de ses nomes, on en dénombre 4, composées de symboles divers et de mascottes animales. Suivrait immédiatement la reine dont la tête est surmontée d’un demi-cercle (symbole de l’autorité royale sous forme d’Uraeus stylisé). On remarque que la reine est deux fois plus grande en taille que les autres gens ou des ennemis vaincus décapités gisants sur le sol et emportés par la barque des trépassés… Seul le roi domine par sa grandeur l’ensemble du défilé et porte sur sa tête en signe de triomphe sa nouvelle couronne de Basse-Egypte tout en serrant dans son bras la mitre blanche de Haute-Egypte.

Mon approche du Sematawi est distincte de cette interprétation et ne suit pas cette logique qui la résume à la réunification de l’Egypte.

Le Sematawi est plus, dans mon analyse, basé sur sa signification comme symbole de la naissance de KMT, de l’administration, d’un ordre, une logique de gouvernement et de gestion du pays avec comme point nodal, la mise en place de l’institution pharaonique consacrant ainsi la naissance de l’empire pharaonique. Le Sematawi symbolise donc la naissance du royaume pharaonique qui préfigure l’Etat moderne, il y a plus de 4000 ans avant notre ère.

Le premier argument est que le mot ne pouvait désigner une « réunification » car KEMET n’était pas divisée à l’époque. En réalité cette opposition Nord-Sud n’existait pas et le problème ici est que de manière récurrente, la plus grande faiblesse de KEMET venait de ses frontières Nord où elle était le plus menacée. Il est certain que c’est l’expérience des divisions conséquentes des périodes d’occupations étrangères qui a engendré cette confusion.

Le Sematawi est plutôt l’acte ou le pacte constituant de la fédération qui donna naissance à KEMET; une sorte des Etats-Unis du continent noir.

Le problème qui fut à l’origine de cet acte politique a trait à un litige foncier ou territorial. En effet, le Delta du Nil (Basse Égypte) tel qu’on le connaît aujourd’hui, n’existait pas avant 3200 avant JC. C’était un territoire immergé et qui progressivement va se découvrir avec le retrait de la mer.

C’est dire que le Delta du Nil n’était pas fixe et qu’il était toujours repoussé plus haut à chaque fois que la mer reculait. On peut se référer aux écrits d’Hérodote qui définit KMT (Égypte) comme un « don du Nil »: « Autrefois les Égyptiens n’avaient point de pays. On sait en effet que leur Delta, ils le disent eux-mêmes et c’est mon sentiment, est une terre d’alluvion, une terre, peut-on dire, nouvellement apparue. Jadis d’ailleurs, on appelait Égypte la Thébaïde, dont le pourtour est de six mille cent vingt stades ».

Cette réalité devait rendre difficile la fixation d’une frontière Nord du pays. La mer en reculant libérait des terres destinées normalement à devenir désertique à cause du sel et du sable marin mais que le Nil avec ses crues et décrues fertilisaient en faisant des terres propices à l’agriculture et à l’élevage. Ce qui attirait des populations sémites qui entraient par ce delta où ils s’installaient progressivement. Ces arrivées de sémites conséquentes à la famine qui sévissaient en Palestine, et dont on retrouve les traces relatées par l’épisode biblique du mythique personnage d’Abraham qui peut être considéré comme un symbole même de cette période migratoire des sémites vers Kamit, vont susciter des conflits.

Terre neuve, terre sans maître, et on peut donc comprendre la prétention des immigrés sémites sur ces étendues prometteuses, faisant fi de l’hospitalité des populations noires anciennement installées.

Normal donc que pour mettre un terme aux velléités sémites et à leur prétention de propriété foncière, les Egyptiens aient eu à cœur de poser un acte fort : une organisation territoriale claire, nette et précise. Notez que l’on assiste ici à la naissance de la géographie, donc à l’établissement d’une cartographie.

La mise en œuvre de cette organisation a sûrement été confiée par les autres rois à Narmer à qui tous ont prêté allégeance pour présider à la destinée de leur unité contre les envahisseurs.

Il y avait donc un besoin de sceller l’union face à l’envahisseur. Cette unité donnait naissance à un Royaume avec des frontières définies, une précision sur son étendue et une organisation interne qui fixe et détermine les pouvoirs (domaines et étendues), d’une part, du pharaonat que l’on peut qualifier de monarchie fédérale et d’autre part des autres souverains locaux alliés du 1er Pharaon désigné de ses pairs.

Avant le Sematawi, nous sommes donc à l’ère prédynastique et l’Egypte est constituée de nations (peuples) nègres qui se côtoient, chacune avec son roi et ses règles que l’on peut supposer culturellement proches faisant partie d’un même creuset.

Ce qui m’a toujours porté à défendre l’idée selon laquelle KMT n’était pas une nation mono-culturelle mais un melting-pot ; le premier de l’histoire de l’humanité. Il est donc probable que Narmer s’est vu remis pas ses pairs le pouvoir de conduire une coalition pour chasser les tribus sémites qui envahissaient le Nord.

La Palette de Narmer 

La palette de Narmer raconte une histoire, c’est un objet de publicité, de propagande d’une idéologie. L’observation de la palette de Narmer révèle à son recto des scènes de combat montrant l’ardeur avec laquelle il a accompli sa tâche, terrassant et semant la mort chez l’ennemi. La plupart des égyptologues pensent que la couronne blanche symbolise le pouvoir de pharaon sur le Sud (Haute Egypte), mais il m’apparaît que cette couronne signifie que ses pairs ont fait de Narmer un chef de guerre, lui donnant le droit de semer la mort.

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Les raisons de cette interprétation sont multiples : le blanc ne symbolise t-il pas la couleur de la mort à KMT ? Osiris le Dieu des morts n’a-t-il pas comme couvre-chef cette couronne blanche ? Il faut aussi noter que par la suite, lorsque l’empire sera constitué, le fanion du chef ou ministre de guerre de pharaon était représenté par un homme coiffé de la mitre blanche et terrassant un ennemi (cf. image).

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Avant l’avènement de Narmer, tout montre que l’institution pharaonique n’existait pas. Cette crise fera que roi d’une localité, il sera élevé au rang du premier Pharaon de l’histoire.

Sur le verso de la palette, on remarque 4 étendards précédant Narmer et qui montrent que l’expédition de Narmer était coalisée. Une coalition forte avec 4 autres nations qui seront à l’origine de l’entente qui va générer l’idée d’une grande Nation noire. Certainement, il s’agirait des 4 provinces ou nations les plus au Nord, donc les plus directement menacées par l’invasion sémite et qui se seraient jointes à Narmer.

Dans l’histoire de Narmer, il y a pourtant un inconnu, un doublon Menès. Certains pensent qu’il s’agirait d’un autre roi et d’autres que ce serait le même personnage.

Qui est Menes ?

Cette question nous a taraudé jusqu’à ce que, se basant sur notre méthode de lecture, Menès s’est révélé être un mot commun et non un nom. Menès devrait être lu ménésé, et désignerait dans cette logique la palette qui a une fonction de média. C’est une missive, je dirais plus, l’ancêtre de l’affiche publicitaire destinée à faire une propagande. Mieux encore ce serait l’ancêtre du courrier diplomatique que Narmer aurait fait fabriquer pour faire connaître ses exploits.

Le sens du mot Menès (ménésé) serait « que l’homme entende ». Il y a donc une fonction de support de communication, d’annonce. Une annonce faite à la fois de sa victoire, de sa force bâtie sur la coalition avec les trois autres rois dont les étendards sont réunis sur la palette avec le sien. Et c’est le rôle de la palette, de faire connaître les exploits de Narmer.

Faisons un tour dans cet ouvrage historique par excellence que se révèle être la bible dans le dixième chapitre de la Genèse pour faire connaissance avec un personnage qui ne serait personne d’autre que Narmer. La Bible, qui à ne plus en douter, comme nous l’avons dit se trouve être pour des pans entiers des compilations de l’histoire usurpée de nos pères. Dans ce chapitre 10, on parle de la table des Nations, qui recense la descendance de Noé, seul survivant au déluge avec sa famille dont ses trois fils Sem, Cham et Japhet.

Dans la descendance de Cham, on a Kush (Nubie/actuel Soudan), Miçraim, Put, Canan. En réalité il faut comprendre que les personnages ici sont plutôt des nations, qui portent le nom de leur fondateur. Et lorsqu’on parle des descendants de Cham, il est question de nations (tribus) nées à la suite d’un départ d’un groupe initialement membre d’une nation préexistante.

La bible poursuit en énumérant la descendance des fils de Cham et dans celle de Kush, on retrouve un certain Nemrod qui selon l’histoire biblique fut le premier potentat sur la terre. La bible précise que l’empire de ce Nemrod avait 4 soutiens Babel, Erek, Akkad, Kalneh. On retrouve ici Babel, ce pays où sera construite cette fameuse tour dont l’histoire est connue et présentée comme un affront fait à Dieu par l’homme. En réalité il y a là concernant cette tour la construction de la première pyramide qui s’écroulera parce que les calculs mathématiques et géométriques des architectes kamites n’étaient pas encore au point. Nous y reviendrons.

A travers Nemrod naît le premier royaume et donc le premier roi de l’humanité. Le fait même que cette naissance soit vue par les écrivains de la bible comme un potentat, c’est-à-dire une tyrannie, est la preuve que cela leur est extérieur et qu’ils en ont subi les effets.

En effet Narmer que les sémites appelle Nemrod avec ses quatre alliés dont les étendards figurent sur la palette baptisée (ménésé/que l’homme entende) va soumettre les sémites qui affluant dans le delta risquaient de constituer une force avec des prétentions sur cette terre qui leur appartenait.

L’histoire de Narmer montre comment en chef de guerre et stratège avisé, il signa un pacte avec les peuples sémites frontaliers pour s’en servir comme remparts contre l’immigration sémite. C’est ce que symboliserait au verso de la palette, les deux chiens, retournés l’un contre l’autre, tenus en laisse et opposés mais dans un certain équilibre sans qu’ils puissent se mordre.

Cette palette, publicité/propagande à travers laquelle Narmer porte à la connaissance du monde la naissance de cette force de coalisés va susciter une plus large adhésion, celle des autres nations noires du territoire. Ce qui lui donne une dimension diplomatique qui sera décisive dans la fondation de KMT. Cette fondation aura une nature fédérale, rassemblant des peuples culturellement proches et cohabitant déjà.

Les faits montrent que la différence entre ces peuples ne reposerait pas sur une disparité culturelle mais plus sur une classification ou une différence socioprofessionnelle. C’est-à-dire qu’il y a des modes de vie sociales liés aux activités dominant dans les différentes communautés et qui les apparenteraient à un système de castes sans en avoir le côté hermétique. Il faut plutôt parler de tribus mais entendus comme groupe social appartenant à une communauté plus large ; ce qui favorise les migrations intercommunautaires.

Cette Nation Fédérale sera fondée sur une loi fondamentale et constituante, le Sematawi. L’appellation Sematawi (sé ma ta wi) permet d’avoir une idée sur le nombre de nomes qui, à l’origine, ont joué ici le rôle de pères fondateurs de KMT. Les communautés prédynastiques (plus tard nomes) avaient à leur tête un chef local appelé « Gâ » (le grand, l’ancien, le sage) sur lequel la nouvelle fédération va s’appuyer. L’adhésion des Gâ sera l’élément clé dans la naissance de KMT, car ces adhésions renforcent l’institution qu’est le pharaon.

Il y a aurait donc eu 20 nomes à l’origine comme l’indiquerait le mot sematawi qui littéralement signifie loi divisant le pays en vingt. D’une manière plus académique on parlera de « loi instituant les 20 provinces/territoires ». C’est dire la légitimité des Gâ dont le pharaon est l’émanation. Ce sont eux qui lui confèrent le pouvoir, comme il est de coutume dans nos traditions au Togo (Afrique de l’Ouest en générale) que les chefs de quartiers (Gâ) représentants les différentes communautés, qui composent un pays fassent le Roi et lui attribuent force et pouvoir (Atsye). Plus tard le nombre des nomes augmentera au fur et à mesure que les terres du Nord seront libérées par le retrait de la mer.

La palette (ménésé) est donc un message et une invitation qui en relatant le risque d’invasion envoie aux destinataires un message : la nécessité d’une union sacrée, et aux envahisseurs le risque encourue dans leur tentative. Notons que dans les graphies du mot Menes celui-ci a toujours été écrit sans la cartouche qui indique la marque royale. Le fait que le mot fut retenu comme un nom est un arbitraire, une erreur des premiers égyptologues qui se sont fondés sur la liste de Manéthon (époque ptolémaïque).

Il faut croire que Manéthon a été sujet à des confusions car sa liste recensant les pharaons successifs, établit sur certaines périodes des cohabitations de deux voire plusieurs pharaons. Ce qui n’était qu’une méprise, une méconnaissance à mon avis de la réalité du pouvoir et des mœurs kamits. Un Gâ étant un chef, son nom pouvait être écrit dans une cartouche pour célébrer les hauts faits qu’il aura accompli.

De même il faut ajouter que durant certaines périodes troubles lorsque se posent des problèmes de successions, ou que certains nomarques (Gâ) se rebellaient, il arrivait qu’un ou plusieurs Gâ se proclament et se fassent couronner dans leurs fiefs, Pharaon. De telles situations étaient souvent conséquentes à la trop grande faiblesse qui a marqué un règne ou à l’inverse la trop grande puissance du pharaon précédent.

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NB : Le Sematawi dans la graphie kmt est représenté par Horus (représentation du pouvoir, et Dzehuty (Thot/représentation de l’écriture, Dieu des Scribes) manœuvrant un arpent (instrument de mesure qui sert à délimiter les terres et en établir une cartographie). Cela résume assez bien notre version du Sematawi qui fixe l’autorité du pharaon tandis qu’il définie une cartographie de KMT en fixant ses frontières avec l’étranger et ses frontières internes qui délimitent les terres propriétés de chaque nation fédérée.

À propos de G. AKUÉ

Une Âme à la recherche d'une grande illumination à répandre sur les peuples de sa Race bien-aimée et la Race Humaine en général.

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